UN BUS HEURTE UN ARBRE, 28 BLESSES LEGERS

27 sont tombés de l’arbre.

Tous nos lecteurs se rappellent de cette nouvelle parue dans l’édition du 26 juillet 2017 de notre journal. Après une longue enquête, nous avons pu retrouver les protagonistes de cette étrange affaire qui avait alors défrayé la chronique arboricole.

Rappelons les faits : le 24 juillet en fin de matinée, quelque part dans notre beau pays, un bus heurte un arbre. Le bilan est de 28 blessés, heureusement légers, dont 27 tombés de l’arbre. Les victimes sont néanmoins conduites à l’hôpital pour examen complémentaire.

Sauf l’arbre qui lui reste sur place.

Nous avons retrouvés ces sympathiques rescapés et les avons réunis au « Café du platane », à proximité immédiate du lieu de leur mésaventure, pour les interroger sur la raison de leur présence dans cet arbre. Les raisons devrions nous dire car elles sont diverses et variées.

La première à s’exprimer est Madame la Député L… : « j’entendais alors protester contre le scandaleux rejet de ma candidature au perchoir de l’assemblée nationale ».

Puis, l’adjudant M…, au nom des six parachutistes belges de son groupe : « à l’armée, quand on te dit de sauter, une fois, tu comptes ni deux ni trois… ».

Madame N…, porte-parole des dix militants contre un projet d’accrobranche au Sahara occidental : « l’effet papillon, il faut le voir venir de loin ».

Monsieur P… et ses neuf camarades élagueurs intermittents: « en chômage technique depuis fin décembre, nous exigions l’extension du mois d’octobre à toute l’année ».

Et tous de déplorer la précarité des conditions qui régnaient alors à tous les étages de cet auguste platane et de dénoncer la ridicule proposition du Préfet de les reloger quelque part en forêt guyanaise. Chacun assura poursuivre la lutte pour l’accession du plus grand nombre à la France d’en haut. Sauf les belges qui revendiquèrent leur attachement à leur plat pays. Encore une occasion de constater à quel point l’Europe des forêts reste à construire.

Après ce moment de partage républicain et une dernière tournée, les unes et les autres entreprirent un pèlerinage au pied de l’arbre et même une escalade souvenir pour les moins alcoolisés.

Azor lui, le chien du café, aboya son mécontentement en exigeant qu’on le lui rende immédiatement.

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