LA COCCINELLE D’ARCACHON

Ce matin, le soleil éclabousse la plage d’Arcachon aussi joyeusement que je frappe du pied les flaques abandonnées ça et là par la marée basse. Avec ma barboteuse et mon grand chapeau mexicain, je suis un adorable petit bonhomme bronzé comme un pain d’épice.
Puis, pschitt ! A pu le bambin, disparu ! Panique sur la plage ! La maman s’affole, interpelle, scrute, bégaie, hurle « Alphoooonse », tourne en rond plus qu’elle ne courre… … le père parcoure à longues enjambées le coté droit de l’immense plage… la sœur aînée en fait de même à l’opposé… … trois minutes, sept, dix, vingt peut-être… le temps s’étire en jours, semaines, siècles… le maître-nageur s’active, des mères compatissantes se mobilisent …
Finalement on me retrouve. A plus d’un kilomètre du parasol familial. Grâce à mon chapeau mexicain. En train de raconter ma vie à la coccinelle que j’ai suivie jusque ici. Elle au moins m’écoute. Pas comme ces saletés de crabes et leurs horribles pinces. Les voyages forment la jeunesse. Peut-être. A condition de choisir ses compagnons de route.

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