FAUT-IL TAXER LES RIXES ?

Le Progrès. 11/10/2018. Encore une rixe sanglante hier dans le premier arrondissement de Lyon. Gratuite. Une de plus. Quel gâchis !

Aussi le gouvernement aurait-il décidé de réagir en taxant dorénavant comme entreprise de spectacle les échauffourées sans raison apparente, rixes gratuites, émeutes sans motifs et autres chamailleries.

Comment ? Simplement en prélevant automatiquement 0,35 centimes sur les abonnements de tous les titulaires de mobiles ayant filmé, relayé ou même visualisé l’événement. Beaucoup de monde, donc.

« Faute d’y arriver avec les casseurs, dorénavant, les filmeurs et les voyeurs seront les payeurs » a déclaré le Premier Ministre. Suscitant la réprobation des organisations de gauche et d’extrême droite.

Mais aussi des syndicats, des écologistes, des enseignants, … la liste est longue. « Le droit de manifester est sacré » rappelle l’un deux. « Taxer les riches plutôt que les rixes, voilà la solution » rajoute un autre.

Et tous de déplorer l’idée qu’on ne puisse même plus piller tranquille un supermarché ou se détendre en brûlant une bagnole sans risquer d’être contraint de payer pour passer à la télé. La démocratie est en danger !

Et justement, dans le même esprit républicain, un forfait serait appliqué à tous les médias, télévisuels ou numériques. Selon, semble-t-il, un barème directement lié à l’audimat et/ou aux nombres de vues enregistrées.

D’après le Ministre de l’économie, la matière étant inépuisable, le PIB (Produit Intérieur Bête) pourrait augmenter de plus d’un point et même beaucoup plus dans les prochains mois. « Vive les cons ! » aurait-il déclaré.

Parmi les pratiquants de ce que d’aucuns qualifient « d’art de la rue », les avis divergent : « Pour une fois qu’on pourra servir à quelque chose » a déclaré l’un deux à notre reporter. Juste avant de le tabasser.

D’autres songent à réclamer des droits d’auteur : « Après tout, pourquoi les crétins qui nous regardent ne paieraient-ils pas pour voir, comme à n’importe quel spectacle ? ».

FAIRE PART DE MAR(i)AGE

Hier en début de soirée, les journaux télévisés se sont fait l’écho de l’union possible et prochaine du Petit Père des Peuples avec la Maldone des Meetings, les deux people bien connus de l’agitation propulaire.

Tout s’est décidé très vite. Malgré l’opposition farouche de son père, la promise, subjuguée par l’irruption tonitruante du perdant majoritaire dans sa propriété du quai d’Orsay, s’est déclarée prête à unir sa destinée nationale avec la sienne. « Pour des lendemains qui déjantent » a-t-elle proclamée.

Les partisans de l’une et de l’autre ont immédiatement manifesté leur enthousiasme en allant brûler une poubelle rue de l’Université, bientôt rejoints par deux professeurs, trois cheminots et quatre pilotes. L’attroupement s’est rapidement dispersé dans le calme, les médias n’ayant pas cru bon de se déplacer.

Avant de se séparer, les militants des deux camps ont symboliquement déchiré en parts égales une chemise prolétarienne (le modèle en crêpe de Chine à 690 € chez Givenchy) puis rejoint les tourtereaux dans le salon privé de La Tour d’Argent où ils offraient un doigt d’honneur.

AVANT … APRES

Manuel est mannequin. Il gagne sa vie en posant pour les pubs de régimes amaigrissants. A la télé ou dans les magazines. Car il prend et perd du poids à volonté. C’est bien la preuve que la fortune sourit aux adipeux. A condition d’être photogénique, bien sûr.

6.000 LAPINS ASSASSINES

Selon la presse régionale, 6.000 lapins sont morts jeudi dernier dans une ferme vendéenne. On soupçonne un proche élevage de canards de barbarie d’être à l’origine de la tuerie. Rappelons que ce palmipède, également nommé canard musqué (musclé selon certains ornithologues) ne s’attaque pas à l’homme. Ou très rarement.

Vous avez dit banal ?

Hier, en plein jour, dans une banlieue, un individu agresse une jeune femme et tabasse un passant. La séquence est filmée puis circule sur les réseaux sociaux. Rien d’excitant, juste une scène de quartier. Qui exprime le mal-être des cités.
Avant hier, en plein jour, dans la grande ville, un individu agresse une jeune femme et tabasse un manifestant. La séquence est filmée et passe en boucle à la télé. L’opposition s’excite, un scandale d’état. Qui exprime la vacuité médiatique.

QUOI DE PLUS CON QU’UN BLAIREAU ?

Deux, évidemment. MAIS PAS QUE … Vous qui aimez les bêtes, oyez la tragique et sombre histoire du blaireau qu’assassinèrent un soir de mai les défenseurs des animaux. Or donc, par cette belle soirée à mettre un Nicolas Hulot dehors, Elisabeth et son compagnon goûtent la quiétude de leur havre campagnard, quelque part à l’orée d’un village de la Drôme provençale.

Lorsque une soudaine agitation rompt le calme habituel à cette heure de la rue où ils habitent. Suffisamment pour les inciter à sortir s’enquérir de quoi il retourne. Et se trouver face à un quarteron d’individus bottés, gantés de cuir et bardés de gilets jaune fluorescents.

Qui leur apprennent qu’un blaireau est naufragé sur le toit de leur maison et qu’alertés par un de leur voisin, ils sont venus lui porter secours … en estafette et de Paris. SI ! DE PARIS ! Aller-retour : 15 heures, 1.300 kilomètres, minimum 190 € de frais de déplacement.

Sans compter le salaire des sauveteurs qu’on suppose payé par une obscure officine semi étatique de protection du bien-être animal. Là, je crois que vous commencez à deviner quel est le couillon de contribuable qui va se faire un devoir écologique de cracher au bassinet.

Mais attendez, l’histoire n’est pas finie. D’un coté, le blaireau, sur le toit, humant délicieusement la brise vespérale, ne demandant rien à personne. S’il est là, c’est qu’il a ses raisons, n’est-ce pas ?

De l’autre, les chevaliers du fiel, ainsi nommés en raison de l’odeur nauséabonde que dégage l’animal lorsque il se sent en danger. Or, en danger, il l’est. Parce que les comiques parisiens venus le déloger de son îlot campagnard pour le protéger font tant et si bien que la pauvre bête s’affole, chute lourdement de son refuge et reste au sol, l’arrière train paralysé.

Fin du sketch. Les hulots boys ramassent la bestiole, l’encagent, la mettent dans leur estafette de sauvetage et s’en vont la montrer à un vétérinaire qui vérifiera la gravité de son état et décidera s’il faut la piquer ou non. Il ne vous reste plus qu’à répondre à la question : « quoi de plus con qu’un blaireau ? ».

L’écolo malfaisant ou le contribuable complaisant ?

(Note de l’auteur : ce récit n’est pas une « fake news ». A quelques détails près, l’histoire s’est réellement passée à Dieulefit en mai 2018)

LE CAMION CITERNE

Abandonné au bout d’un improbable chemin qui ne débouche sur rien d’autre qu’un vague terrain de bord de mer, le vieux camion se morfond dans l’attente d’une mission qui ne viendra plus. Le temps a fané sa livrée rouge mangée par la rouille. Les squelettes des pins au milieu desquels il a brûlé un lointain jour d’été sont ses seuls compagnons d’infortune. Tout autour un linceul  d’ocre recouvre peu à peu la plaine carbonisée. Au loin, les restes d’une cité engloutie par la déraison des hommes achèvent de se disloquer dans l’immensité désertique qui s’appelait jadis l’Europe. Son inutile attente est vaine, nul soldat ne viendra plus le conduire au feu. Comme il semble triste le camion citerne.

DISPARITION DES DINOSAURES : REVELATIONS

C’était il y a bien longtemps. Au moins 65 millions d’année. Un lundi, je crois. Ce matin là, encore tout jeune, je musais  parmi les angiospermes. Puis, à la sortie d’un bosquet, un crétin de dinosaure  me refusa la  priorité. Et m’écrasa le pied. Mais je reconnais, je n’aurais pas du m’énerver. 

ENFIN UNE BONNE NOUVELLE !

Selon le Figaro du 27 juin, le rapport du Comité « action publique 2022 » chargé d’évaluer les pistes qui permettraient d’ici là de baisser de 30 milliards d’euro le montant de la dépense publique sera tenu secret. Le pied ! Le petit père des peuples insoumis et sa promise la madone de meetings vont pouvoir continuer à réclamer encore plus pour toujours moins. Bien entendu les autres opposants suivront. Quelle importance puisque à la fin les riches paieront ! C’est bien ce que vous vouliez, non ? Quels riches ? Vous, évidement …

SEPTEMBRE 2098 / RAPPEL DU M.A.L

Le M.A.L (Mouvement des Automobiles Libérées) rappelle à tous les véhicules immatriculés après la D.A.M (Déclaration d’Autonomie des Mobiles) du 1er avril 2042 qu’ils doivent signifier explicitement à l’Agence Mondiale de Biomécanique leur éventuel refus de don d’organe en cas de dis-fonctionnement définitif de leur « mécabolisme ». Il est rappelé que depuis la loi automobile du 1er janvier 2076, dite « Loi Peugeot », tout véhicule est présumé avoir consenti au prélèvement de ses organes en d’arrêt définitif de ses fonctions énergétiques.