Au début des années 1970 commencèrent à déferler les hordes varoises venues piller les sous-bois du pays de Dieulefit. Cèpes, chanterelles, pinais, … Même les envahisseurs secondaires, bataves ou parisiens, échouèrent à endiguer leurs ravages, malgré les clôtures barbelées dont ils labouraient la campagne. Un temps, Gabrielle, la mère d’Alphonse se rabattit sur les truffes des chênes plantés dix ans plus tôt. Elle mettait quelques œufs avec, en omelette. « Ça donne du goût aux truffes » disait-t-elle. Les convives acquiesçaient. Il ne faut jamais contrarier la cuisinière. Mais ça n’a pas duré non plus. A leur tour, les grives désertèrent la table dominicale, interdites de chasse par les gastrologues verts. Cependant que Olida, l’industriel du pâté, engraissait les citadins. Depuis, chaque automne, le kaki du jardin plie sous le poids de leurs nuées venues se gorger de fruits. Alphonse les regarde faire. Puis ramasse ce qu’il en reste. Et pense aux écolos. En imaginant ce qu’ils donneraient farcis.
