BASKET AU PIED

En cette belle  matinée d’août, Cédric chemine dans la forêt du Lizay. Accompagné de son chien. Un husky. Qui s’appelle Basket. Assurément un nom bien singulier. C’est que depuis tout petit, il en trimbale une trouvée on ne sait où. Et donc les deux compères musardent sur le sentier forestier qui mène au Phare des Baleines. A quelques dizaines de mètres sur la droite, l’océan, invisible, chuinte doucement. A cette heure très matinale, le bois est silencieux, les plages désertes. A eux deux, ils font la paire : Cédric, pieds nus, le husky, basket en gueule. Les voici rendus à la lisière, au sommet de la dune qui surplombe l’estran. La marée commence à peine sa lente remontée. Au loin se devine le phare, déjà nimbé d’une brume annonciatrice de chaleur. Pour l’heure, il suffit de descendre sur la plage. Puis d’attendre. Et de savourer d’avance. Ce qui ne tarde pas. Deux silhouettes apparaissent. Qui se révèlent progressivement correspondre à une promeneuse flanquée de sa chienne. Zoom avant : une jolie promeneuse. Point sur image : flanquée d’une jolie chienne. Basket bondit. Franchit en un éclair la distance qui les sépare du duo. Pile à un mètre, arrière train baissé, buste dressé, oreilles pointées. Et lâche la godasse aux pieds et aux pattes des promeneuses effarées. L’essentiel est fait, Cédric n’a plus qu’à hurler :

BASKET : AU PIED !

Et au chien de la ramener. Le temps d’un sourire complice, l’un et l’autre trottinent gentiment vers les demoiselles encore tremblantes. Se régalant d’avoir une fois de plus trouvé de quoi engager la conversation.

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