Soulagement hier lorsque la police a réussi à stopper un véhicule qui semait depuis plus de vingt minutes la terreur dans les rues d’une grande agglomération des Bouches-du-Rhône. « Je n’ai jamais vu ça » a témoigné un des poursuivants : « pointes de vitesse à plus de 140, voies à contre sens, feux et stops brûlés, priorités refusées, multiples voitures embouties … Je me demande encore comment il n’y a pas eu de blessés ni même des morts ».
Mais la véritable surprise des enquêteurs fut de constater que l’automobiliste ne présentait aucune trace d’alcoolémie ni de drogue. Pas même un soupçon de la célèbre boisson anisée du sud de la France. Aucun antécédent psychiatrique non plus chez cet homme décrit par ses proches comme un bon père de famille et par son employeur comme un employé modèle.
Le mystère s’épaissit lorsque ce dernier déclara au cours de sa garde à vue qu’à peine fait le plein avant de démarrer pour se rendre à son travail, il perdit tout contrôle de son véhicule : volant inopérant, accélérateur bloqué, portières verrouillées, impossible même de couper le contact. Encore traumatisé par son aventure cauchemardesque, l’infortuné conducteur a d’ailleurs été hospitalisé dès la fin de son interrogatoire par un officier de police judiciaire.
C’est précisément ce dernier qui a finalement résolu l’énigme. Pour recouper les déclarations de l’individu, il a fait expertiser le véhicule et constaté que ce dernier venait d’être équipé d’un kit lui permettant de rouler à l’éthanol. Carburant alcoolisé que notre brave automobiliste avait décidé de fabriquer lui-même. Forçant un peu sur le degré et rajoutant une dose de pastis « pour parfumer », selon son épouse qui adore l’odeur d’anis.
Bref, le véhicule était complètement bourré au moment des faits. On apprend que les services du Garde des sceaux étudie actuellement la possibilité de lui retirer le permis de circuler en saisissant sa carte grise. Les associations d’automobilistes dénoncent une nouvelle tentative d’atteinte aux libertés fondamentales. Les fabricants de spiritueux et les viticulteurs, eux, protestent contre la diabolisation croissante de leurs métiers. Cheminots, pilotes, et enseignants projettent de manifester. Sans savoir encore pour quel motif.
