CHANSON A BOIRE … LA TASSE

Il était un très gros navire
Qui n’avait ja-ja-jamais chaviré
Ohé ! Ohé !

(Refrain)

Ohé, Ohé, matelot, ton
Chef se pinte au cinzano
Ohé, Ohé, capitaine, ton
Navire s’abîme dans les flots

La parution sur Short Edition (un site littéraire d’accès gratuit où il m’arrive d’écrire)  des paroles de la « chanson à boire… la tasse » suscita des milliers de commentaires et d’hypothèses sur son origine. Enfin, des centaines. Cinquante. Au moins dix. Bon, peu importe. Voici la véritable histoire de cette chanson.

D’aucuns assurent qu’elle fut improvisée lors d’une cuite mémorable organisée au carré des officiers par le commandant d’un navire de croisière italien. Cette thèse est erronée. Elle provient d’une erreur typographique.

Dans le rapport d’enquête qui suivit le naufrage du vaisseau, il fallait lire suite à la place de cuite. Celle d’où le commandant ordonna au timonier de se rapprocher un peu plus de la cote pour permettre à son invitée de mieux voir un joli coquillage sur la plage. « Oups ! », dit le timonier. « CRAAAAC !!! » gémit le navire. « Vaffanculo ! » les insulta le capitaine. Avant d’abandonner l’équipage et les passagers à leur sort.

Triste certes mais rien à voir donc. Nous sommes aujourd’hui en mesure de révéler la vérité : transportons-nous le 14 avril 1912 à bord d’un des fleurons de la flotte britannique. Le paquebot file 22 nœuds avec à son bord 2027 personnes. La mer est calme.

23 heures 00 : la fête bat son plein sur le pont supérieur où le commandant à réuni les 854 membres d’équipage pour célébrer la Saint Jules. Pourquoi ? Parce que c’est lui qui décide. Non mais sans blague, c’est vrai, quoi, à la fin.

Une perspicace lectrice nous fait remarquer que le nombre exact de marins réunis ce soir là réunis s’élève à 855 et non 854. Nous confirmons : en vertu du code maritime, le timonier est resté à la barre. Dur métier que celui de marin.

Ceci dit, nous conseillons à la lectrice d’aller se coucher, seuls les hommes étant admis à ce sympathique pot de l’amitié. D’autant qu’il se fait tard. Et qu’elle commence sérieusement à nous gonfler, pour qui se prend-elle, celle là ?

23 heures 30 : vu l’ambiance surchauffée, le champagne commence à tiédir. Il faut agir. Le commandant ordonne au vaillant timonier d’amener séance tenante suffisamment de glace pour rafraîchir les 352 bouteilles restantes.

Vent du haut, le timonier y va. Vent du bas,…, je ne sais pas. D’accord, ça ne veut rien dire, mais je n’ai pas trouvé mieux. Un des mystères qui reste à éclaircir dans cette passionnante enquête.

23 heures 40 : le timonier, vent de n’importe quoi, livre le glaçon tant attendu. Un seul ? Ben oui, un seul. Mais un énorme. Les gens de mer sont des hommes de parole. Et de chansons … à boire.

 

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